Ostéopathe Brive

Comment l’alimentation influence notre équilibre postural et nos douleurs musculo-squelettiques

Comment l’alimentation influence notre équilibre postural et nos douleurs musculo-squelettiques

Comment l’alimentation influence notre équilibre postural et nos douleurs musculo-squelettiques

Quand on parle de posture, on pense souvent à la chaise de bureau, au sport, ou à la qualité du matelas. Beaucoup plus rarement à ce qu’il y a dans l’assiette. Pourtant, votre alimentation influence directement votre tonus musculaire, vos articulations, votre énergie… et donc vos douleurs musculo-squelettiques.

Dans cet article, je vous propose de comprendre comment ce que vous mangez peut favoriser (ou soulager) les douleurs de dos, de nuque, de genoux, les tensions musculaires chroniques et même certains troubles de l’équilibre postural.

Pourquoi parler d’alimentation quand on a mal au dos ?

À première vue, lien entre un sandwich avalé à la pause midi et une lombalgie qui traîne depuis 6 mois ne paraît pas évident. Pourtant, plusieurs mécanismes relient alimentation et douleurs :

Ce ne sont pas des « petits détails » périphériques. Dans de nombreux cas, ils entretiennent un cercle vicieux : douleur → moins de mouvement → plus d’inflammation → plus de douleurs.

Une prise en charge manuelle (ostéopathie, kiné) peut aider à lever des blocages mécaniques. Mais si, à côté, l’alimentation entretient un terrain inflammatoire, les effets seront limités dans le temps.

Inflammation de bas grade : le carburant silencieux des douleurs

On connaît tous l’inflammation aiguë : entorse de cheville, gonflement, chaleur, douleur. Mais il existe une forme beaucoup plus discrète, dite « de bas grade ». Elle ne se voit pas, ne se ressent pas toujours, mais elle entretient une hyper-réactivité du système immunitaire et facilite l’installation de douleurs chroniques.

Plusieurs facteurs alimentaires y contribuent :

À l’inverse, une alimentation qui module cette inflammation peut rendre les tissus plus « calmes », moins douloureux, plus souples. On observe souvent, chez des patients qui modifient leur alimentation, une baisse de la fréquence ou de l’intensité des poussées douloureuses, notamment pour :

Ce n’est pas magique, mais c’est un levier sous-estimé.

Microbiote intestinal : quand l’intestin parle aux muscles et aux articulations

Notre intestin n’est pas qu’un tuyau digestif. C’est un véritable organe immunitaire et neurologique. Les milliards de bactéries qui y vivent (le fameux microbiote) influencent :

Un microbiote déséquilibré (dysbiose) peut participer à un terrain où les douleurs musculo-squelettiques s’installent plus facilement, et où la récupération après un effort ou une séance de soin est moins bonne.

Ce qui déséquilibre le microbiote :

À l’inverse, nourrir correctement ce microbiote aide à rééquilibrer la réponse inflammatoire et à mieux gérer la douleur. Cela passe par :

Glycémie, énergie et posture : quand la fatigue nous fait nous affaisser

Avez-vous remarqué comme votre posture change quand vous êtes crevé ou affamé ? Épaules vers l’avant, tête qui tombe, dos qui s’arrondit. Notre tonus postural dépend en partie de notre niveau d’énergie disponible.

Les montagnes russes glycémiques (pics après un repas très sucré, puis grosse « chute » 2 heures plus tard) peuvent favoriser :

Les repas typiques qui posent problème :

Stabiliser la glycémie apporte souvent, en clinique, deux effets intéressants : une meilleure vigilance dans la journée et une meilleure tolérance à l’effort (et donc aux exercices de renforcement ou de mobilité prescrits pour améliorer la posture).

Carences fréquentes qui fragilisent muscles, os et tendons

Autre volet important : ce que votre corps n’a pas suffisamment pour fonctionner correctement. Plusieurs nutriments jouent un rôle direct dans la qualité tissulaire et la gestion de la douleur.

Les protéines : elles fournissent les briques nécessaires aux muscles, aux tendons, aux ligaments, aux fascias. Un apport insuffisant peut :

La vitamine D : impliquée dans la santé osseuse, musculaire et immunitaire. Une carence significative peut se manifester par :

Le magnésium : véritable régulateur neuromusculaire. Un manque peut faciliter :

Les oméga‑3 : ces acides gras ont un effet anti-inflammatoire reconnu. Des apports trop faibles, dans un contexte d’excès d’oméga‑6, participent à l’inflammation de bas grade évoquée plus haut.

Avant de se précipiter sur des compléments alimentaires, il est souvent pertinent de :

Hydratation : un détail qui n’en est pas un

Les tissus qui vous permettent de bouger (disques intervertébraux, cartilages, fascias…) ont besoin d’eau pour garder leurs propriétés mécaniques. Une hydratation insuffisante peut favoriser :

Beaucoup de personnes ne boivent pas assez dans la journée, ou compensent uniquement avec du café ou du thé très fort. Or ces boissons, consommées en excès, peuvent avoir un léger effet diurétique et ne remplacent pas totalement l’eau.

En pratique, viser environ 1,5 L d’eau par jour (à ajuster selon la taille, l’activité physique et la saison), répartis sur la journée, est un bon point de départ. Les tisanes peu sucrées peuvent compléter.

Comment tout cela influence concrètement l’équilibre postural ?

L’équilibre postural est le résultat d’un dialogue constant entre :

Or, l’alimentation agit sur plusieurs de ces maillons :

Le résultat, ce n’est pas une « posture parfaite » au sens esthétique, mais une capacité plus grande à s’adapter : rester assis un moment sans douleur, se pencher pour ramasser une charge, marcher longtemps, changer de position souvent sans blocage.

Que mettre dans l’assiette pour apaiser les douleurs et soutenir la posture ?

Voici quelques repères alimentaires concrets, à adapter bien sûr à votre situation, vos goûts et vos contraintes.

Favoriser :

Limiter :

L’objectif n’est pas d’être parfait, mais d’orienter progressivement votre alimentation vers un profil globalement anti-inflammatoire et nourrissant pour vos tissus.

Erreurs fréquentes chez les personnes douloureuses

En consultation, plusieurs schémas reviennent souvent chez les personnes souffrant de douleurs chroniques :

Ces habitudes ne sont pas à « culpabiliser », mais elles méritent d’être repérées pour pouvoir être ajustées, étape par étape.

Quelle place pour l’ostéopathie dans cette approche globale ?

L’ostéopathie agit essentiellement sur la mécanique du corps : mobilité articulaire, souplesse des tissus, équilibre des tensions musculaires et fasciales. Cependant, le corps que l’on manipule, c’est celui que vous construisez chaque jour avec votre alimentation, votre sommeil, votre activité physique.

Quand une prise en charge ostéopathique est associée à :

on observe souvent :

Mon rôle, en tant qu’ostéopathe, n’est pas de remplacer un nutritionniste ou un diététicien, mais de vous aider à faire le lien entre vos symptômes physiques et votre mode de vie global, dont l’alimentation fait partie.

Par où commencer, concrètement ?

Si vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire, inutile de tout changer du jour au lendemain. Vous pouvez commencer par 2 ou 3 actions simples :

Ces petits changements, multipliés sur plusieurs semaines, créent un terrain plus favorable pour vos muscles, vos articulations… et pour le travail manuel effectué en cabinet.

Si vous avez des douleurs musculo-squelettiques persistantes ou des troubles de l’équilibre postural, il peut être pertinent d’en parler avec votre ostéopathe. Ensemble, nous pouvons identifier ce qui relève de la mécanique pure, ce qui est lié à votre hygiène de vie, et éventuellement vous orienter vers les professionnels adéquats pour approfondir le volet nutritionnel.

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