Ostéopathe Brive

Comment adapter son alimentation pour soutenir ses articulations au fil de l’âge et limiter l’usure du cartilage

Comment adapter son alimentation pour soutenir ses articulations au fil de l’âge et limiter l’usure du cartilage

Comment adapter son alimentation pour soutenir ses articulations au fil de l’âge et limiter l’usure du cartilage

Avec l’âge, on accepte assez volontiers quelques rides supplémentaires… mais quand ce sont les genoux, les hanches ou les doigts qui grincent, l’acceptation devient plus difficile. On met souvent cela sur le compte de « l’usure normale », comme si tout était écrit d’avance. En réalité, une partie de cette usure est modulable, et l’alimentation joue un rôle bien plus important qu’on ne l’imagine.

Non, manger « sain » ne va pas régénérer un cartilage déjà très abîmé. En revanche, adapter son assiette permet de limiter l’inflammation, de mieux nourrir les tissus articulaires, de freiner la dégradation du cartilage et de préserver la mobilité au fil des années. L’objectif est simple : offrir à vos articulations un environnement métabolique le plus favorable possible.

Pourquoi nos articulations vieillissent-elles ?

Une articulation, ce n’est pas seulement deux os qui se rencontrent. C’est un ensemble complexe :

Avec l’âge (et parfois bien avant), plusieurs phénomènes se combinent :

Le résultat : le cartilage s’amincit, la qualité du liquide synovial se modifie, les os subissent plus de contraintes, et les douleurs ou raideurs apparaissent. La bonne nouvelle, c’est que plusieurs de ces facteurs sont directement influencés par votre fourchette.

Les bases d’une assiette protectrice pour les articulations

Avant de parler d’aliments « magiques », il est utile de poser quelques principes de base. Une alimentation qui soutient vos articulations, c’est avant tout une alimentation qui :

Concrètement, cela se traduit par une alimentation assez proche du modèle méditerranéen traditionnel : légumes et fruits en abondance, céréales complètes ou peu raffinées, légumineuses, huiles végétales de qualité, poissons, petites quantités de produits animaux bien choisis, très peu de produits ultra-transformés.

Les nutriments clés pour vos articulations

Certains nutriments jouent un rôle particulièrement important dans la santé articulaire. Les intégrer régulièrement est une stratégie simple mais efficace.

1. Les oméga 3 : calmer le feu inflammatoire

Les oméga 3 à longue chaîne (EPA, DHA) ont des propriétés anti-inflammatoires bien documentées. Ils aident à moduler la réponse inflammatoire dans les articulations, notamment en cas d’arthrose ou de polyarthrite.

On les trouve principalement dans :

Objectif réaliste : consommer du poisson gras 2 fois par semaine et utiliser quotidiennement une huile riche en oméga 3.

2. Les protéines : préserver le muscle qui protège l’articulation

Des muscles toniques et fonctionnels absorbent une partie des contraintes et stabilisent l’articulation. À l’inverse, une fonte musculaire augmente les contraintes sur le cartilage.

Avec l’âge, le besoin en protéines a tendance à augmenter légèrement, surtout si l’on souhaite maintenir sa force musculaire :

Répartir l’apport protéique sur la journée (et pas seulement le soir) est particulièrement important après 50 ans.

3. Vitamine C, cuivre, manganèse : les cofacteurs du collagène

Le cartilage et de nombreux tissus articulaires sont riches en collagène. Pour fabriquer un collagène de qualité, l’organisme a besoin :

Une carence relative en ces cofacteurs ne va pas « détruire » votre cartilage du jour au lendemain, mais elle peut limiter la qualité de la réparation tissulaire au fil des années.

4. Vitamine D et vitamine K : des alliées pour l’os et l’articulation

Une articulation ne se résume pas au cartilage : l’os sous-chondral joue aussi un rôle important. Un déficit en vitamine D est très fréquent et peut favoriser les douleurs musculaires et articulaires, voire les fractures.

5. Antioxydants et polyphénols : limiter le stress oxydatif

Le stress oxydatif accélère le vieillissement des tissus, y compris du cartilage. Les antioxydants alimentaires aident à neutraliser l’excès de radicaux libres.

On les retrouve dans :

6. Collagène et gélatine : nourrir le tissu conjonctif

Le corps produit son propre collagène, mais l’apport de certains acides aminés (glycine, proline) peut soutenir cette synthèse. On les retrouve dans :

Ce n’est pas une obligation, mais cela peut être un plus dans une stratégie globale.

Aliments à privilégier au fil de la journée

Comment traduire tout cela dans une journée type, sans passer son temps en cuisine ? Voici quelques pistes, à adapter à vos habitudes.

Au petit-déjeuner

Au déjeuner

Au dîner

Collations éventuelles

Rien d’exotique, mais une grande cohérence dans la durée. C’est souvent la répétition des petits choix quotidiens qui fait la différence, plus que les « cures miracle » de 15 jours.

Ce qui abîme le plus silencieusement vos articulations dans l’assiette

À l’inverse, certaines habitudes alimentaires entretiennent un terrain pro-inflammatoire et favorisent la dégradation du cartilage.

Il ne s’agit pas de bannir définitivement tout plaisir, mais de prendre conscience que, si vos articulations vous inquiètent, ces aliments méritent clairement d’être diminués.

Adapter son alimentation selon son âge et son niveau d’activité

Les besoins ne sont pas les mêmes à 40, 60 ou 80 ans, et votre alimentation doit suivre le mouvement… pour continuer à bouger.

Autour de 40–50 ans : période clé de prévention

Après 60 ans : protéger le muscle autant que le cartilage

En cas de surpoids ou de pathologies métaboliques

La perte de quelques kilos (même modeste) peut déjà soulager considérablement certaines articulations. Dans ce contexte :

Quelques compléments utiles… avec discernement

La question revient souvent au cabinet : « Que pensez-vous de la glucosamine, du collagène, du curcuma… ? » Les compléments peuvent parfois être un coup de pouce, mais ils ne remplacent jamais une alimentation structurée et une hygiène de vie cohérente.

Dans tous les cas, l’avis de votre médecin, pharmacien ou thérapeute est essentiel, surtout si vous prenez déjà des traitements. Un complément mal choisi, pris au hasard, est au mieux inutile… et parfois problématique.

Ostéopathie et hygiène de vie : le duo gagnant

En tant qu’ostéopathe, je vois régulièrement des patients qui arrivent avec des douleurs articulaires, parfois très anciennes, en espérant un « réglage » purement mécanique. Le travail manuel permet effectivement d’améliorer la mobilité, de redonner du jeu à l’articulation, d’équilibrer les chaînes musculaires et de diminuer la douleur.

Mais lorsque l’alimentation reste très pro-inflammatoire, que le surpoids pèse en permanence sur les articulations, et que la sédentarité domine, l’effet de la séance est forcément limité dans le temps. À l’inverse, lorsque l’on combine :

on observe en général une évolution beaucoup plus favorable : douleurs espacées, mobilité améliorée, qualité de vie nettement meilleure.

L’idée n’est pas de viser la perfection, mais de progresser par étapes. Commencer par introduire un poisson gras hebdomadaire, augmenter la part de légumes dans l’assiette, réduire les plats ultra-transformés… puis, au fil des semaines, ajuster. Vos articulations ne vous enverront pas un message de remerciement, mais elles risquent fort de se manifester par… un peu plus de silence.

Si vous sentez que vos genoux, hanches ou épaules vous freinent déjà dans vos activités, un bilan personnalisé (ostéopathique, mais aussi alimentaire) peut vous aider à mettre en place une stratégie globale, réaliste et efficace pour les années à venir.

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