Ostéopathe Brive

Accompagner l’enfant et l’adolescent en croissance grâce à l’ostéopathie : scoliose, posture, sport et concentration

Accompagner l’enfant et l’adolescent en croissance grâce à l’ostéopathie : scoliose, posture, sport et concentration

Accompagner l’enfant et l’adolescent en croissance grâce à l’ostéopathie : scoliose, posture, sport et concentration

Entre 6 et 18 ans, le corps d’un enfant change à une vitesse impressionnante : croissance osseuse, adaptation musculaire, maturation du système nerveux… C’est une période de construction, mais aussi de vulnérabilité. Posture devant les écrans, débuts sportifs intensifs, cartable trop lourd, poussées de croissance soudaines : autant de facteurs qui peuvent perturber cet équilibre en devenir.

Dans ce contexte, l’ostéopathie a toute sa place pour accompagner l’enfant et l’adolescent, en complément du suivi médical et scolaire. Scoliose, douleurs de croissance, troubles de la posture, difficultés de concentration ou fatigue liée au stress : il ne s’agit pas de « tout expliquer » par le corps, mais de comprendre comment le corps peut parfois freiner, ou au contraire soutenir, le développement global du jeune.

Comprendre la croissance : un organisme en perpétuelle adaptation

Pendant la croissance, le squelette ne s’allonge pas de façon parfaitement homogène. Les os grandissent, les muscles et les tendons doivent suivre, les articulations s’adaptent en continu. Cela explique en partie :

  • Les douleurs dites « de croissance » (genoux, hanches, talons, dos)
  • Les raideurs passagères (difficulté à toucher ses pieds, gêne à la course)
  • Les changements de posture relativement rapides (épaule qui s’abaisse, dos qui s’arrondit)
  • En parallèle, le cerveau et le système nerveux se réorganisent. L’enfant apprend à gérer un corps qui change, parfois plus vite que sa perception de celui-ci. Il peut devenir plus maladroit, se cogner davantage, fatiguer plus vite.

    Le rôle de l’ostéopathie, ici, n’est pas de « corriger la croissance » – qui est un processus naturel et nécessaire – mais d’aider le corps à traverser ces adaptations dans les meilleures conditions possibles : restaurer de la mobilité là où ça bloque, limiter les tensions inutiles, et ainsi réduire certaines douleurs ou inconforts.

    Scoliose, dos qui se vrille et inquiétudes des parents

    Devant un dos qui se déforme, il est normal, en tant que parent, de s’inquiéter. Scoliose, attitude scoliotique, cyphose, hyperlordose… Les termes sont nombreux, et pas toujours clairs. Comment s’y retrouver ?

    On distingue schématiquement :

  • L’attitude scoliotique : le dos penche ou se vrille légèrement, mais la déformation disparaît en position allongée ou lors de certaines corrections. Il s’agit souvent de déséquilibres musculaires, de mauvaises postures répétées, ou d’une compensation à une douleur (par exemple une jambe un peu plus courte).
  • La scoliose structurale : la colonne présente une courbure avec rotation des vertèbres, visible sur la radiographie. Elle persiste quel que soit le positionnement et nécessite un suivi orthopédique sérieux (voire un corset, dans certains cas).
  • Face à tout soupçon de scoliose structurale, le premier réflexe reste la consultation chez le médecin (généraliste, pédiatre) et, si besoin, chez l’orthopédiste. L’ostéopathie ne remplace pas ce suivi; elle vient le compléter.

    Dans ce cadre, l’ostéopathe peut :

  • Évaluer la mobilité globale du rachis (colonne), du bassin et des membres inférieurs
  • Limiter certaines tensions musculaires qui entretiennent les déséquilibres
  • Aider l’enfant ou l’ado à trouver une posture plus confortable au quotidien
  • Travailler sur la respiration, qui influence directement la colonne et la cage thoracique
  • Lorsque la scoliose est prise en charge par corset, de nombreuses jeunes patientes et patients se plaignent de douleurs, de raideurs ou de difficultés respiratoires. Des séances ostéopathiques, en accord avec l’équipe médicale, peuvent alors améliorer le confort, favoriser l’acceptation du traitement et limiter la fatigue musculaire associée.

    Posture, écrans et cartables : quand le quotidien façonne le dos

    Bien souvent, les parents me disent : « Il est tout tordu sur son téléphone », « Elle se tient avachie sur sa chaise », « Son cartable fait la moitié de son poids ». Le dos de l’enfant est continuellement exposé à des contraintes qui, isolément, paraissent anodines, mais qui, répétées chaque jour, finissent par laisser leur empreinte.

    Quelques habitudes fréquentes qui influencent la posture :

  • Le temps cumulé assis (classe, devoirs, écrans, transports)
  • La position de la tête penchée en avant sur le smartphone ou la tablette
  • Un bureau ou une chaise non adaptés à la taille de l’enfant
  • Un cartable porté sur une seule épaule, ou trop lourd
  • L’absence de pauses actives (se lever, bouger, s’étirer)
  • Un enfant ne développera pas nécessairement une pathologie grave à cause d’une mauvaise posture, mais il peut ressentir :

  • Des douleurs de nuque et de haut du dos
  • Des maux de tête en fin de journée
  • Une fatigue plus marquée après les cours
  • Le travail ostéopathique va consister à redonner de la mobilité aux zones sursollicitées (nuque, épaules, haut du dos), à relâcher certaines chaînes musculaires trop tendues, et à rééquilibrer le bassin et la colonne. En parallèle, on discute forcément des aménagements possibles :

  • Hauteur de la chaise et du bureau
  • Port du cartable sur les deux épaules, ajusté à la bonne hauteur
  • Règle simple face aux écrans : l’écran à hauteur des yeux autant que possible, et des pauses régulières
  • L’objectif n’est pas de viser une « posture parfaite » figée, mais au contraire de favoriser une posture vivante, qui bouge, qui s’adapte, avec le moins de contraintes inutiles possible.

    Sport, croissance et prévention des blessures

    Les jeunes sportifs sont particulièrement concernés par l’équilibre entre charge d’entraînement, croissance et récupération. À l’adolescence, certains segments du corps grandissent très vite, le reste doit suivre, et c’est à ce moment que les blessures d’hyper-sollicitation apparaissent fréquemment :

  • Tendinites (genou, talon, hanche, épaule)
  • Douleurs au bas du dos (spondylolyse, par exemple chez les gymnastes ou les jeunes footballeurs)
  • Douleurs au talon (maladie de Sever)
  • Douleurs au genou (Osgood-Schlatter)
  • Dans ce contexte, l’ostéopathie peut aider à :

  • Optimiser la mobilité des articulations sollicitées par le sport pratiqué
  • Réduire certaines tensions musculaires excessives qui augmentent les contraintes sur les cartilages de croissance
  • Améliorer la récupération après une période d’effort intense (tournois, compétitions, stages sportifs)
  • Accompagner la reprise après blessure, en complément de la rééducation si elle est nécessaire
  • Par exemple, un jeune footballeur qui se plaint de douleurs au genou à chaque poussée de croissance aura parfois un bassin très raide, une cheville peu mobile ou une hanche qui ne tourne pas bien. Ces blocages locaux augmentent les contraintes sur le genou à chaque appui. En travaillant sur l’ensemble de la chaîne jambe-bassin-colonne, on peut souvent réduire nettement la gêne et permettre une pratique plus confortable, tout en tenant compte des limites imposées par la pathologie elle-même.

    L’idée n’est pas de « forcer » pour que l’enfant continue coûte que coûte, mais d’ajuster : parfois, il faut aussi accepter de diminuer temporairement la charge sportive, sur avis médical, pour laisser le temps aux tissus de s’adapter.

    Corps, respiration et concentration : un lien souvent sous-estimé

    Un enfant ou un adolescent qui se plaint de difficultés de concentration, de fatigue, de maux de tête ou de « mal au ventre avant les contrôles » n’a pas forcément un trouble majeur ou un problème purement psychologique. Souvent, plusieurs facteurs se conjuguent :

  • Sommeil insuffisant ou de mauvaise qualité
  • Stress scolaire ou familial
  • Manque de mouvement dans la journée
  • Tensions musculaires (nuque, mâchoire, dos) qui entretiennent les douleurs
  • Là encore, l’ostéopathie ne se substitue pas à un bilan psychologique ou neuropsychologique si nécessaire, ni à un suivi médical. Mais elle peut agir sur un maillon important : le confort corporel et la respiration.

    Une respiration haute, bloquée dans le haut du thorax, est fréquente chez les jeunes stressés. Elle s’accompagne souvent de contractures des muscles du cou et des épaules, pouvant nourrir maux de tête, fatigue et baisse de concentration. En travaillant sur :

  • La mobilité de la cage thoracique
  • Le diaphragme (muscle principal de la respiration)
  • Les zones de tension cervicales et dorsales
  • on peut aider l’enfant à retrouver une respiration plus ample, plus basse, plus efficace. En séance, des exercices très simples de respiration ou de prise de conscience corporelle peuvent être proposés, que l’enfant pourra réutiliser avant un contrôle, un examen, ou simplement avant de s’endormir.

    Comment se déroule une séance d’ostéopathie avec un enfant ou un ado ?

    La séance commence toujours par un échange détaillé avec les parents et l’enfant :

  • Raisons de la consultation : douleurs, posture, scoliose déjà suivie, troubles du sommeil, etc.
  • Mode de vie : sport, temps d’écran, rythme scolaire, qualité du sommeil, antécédents médicaux
  • Suivi en cours : kinésithérapie, orthodontie, orthophonie, orthoptie, traitement médical…
  • Ensuite, l’ostéopathe observe la posture, la marche, certains mouvements simples (se pencher en avant, tourner la tête, s’accroupir). Il peut vérifier la mobilité des différentes articulations, du crâne au bassin, en passant par les membres.

    Les techniques utilisées sont douces, adaptées à l’âge et au niveau de tolérance de l’enfant. Il ne s’agit ni de manipulations forcées, ni de gestes douloureux. On peut travailler de manière globale (colonne, bassin) ou plus ciblée (cheville après entorse, genou douloureux, mâchoire lors de traitements orthodontiques, etc.).

    Très souvent, une partie importante de la séance est consacrée aux explications : montrer à l’enfant comment son corps bouge, lui faire sentir les différences avant/après un geste, lui donner des repères simples sur sa posture ou sa respiration. Plus il comprend ce qui se passe, plus il devient acteur de sa santé.

    Quand consulter un ostéopathe pour son enfant ou son adolescent ?

    Quelques situations fréquentes où une consultation ostéopathique peut être pertinente (en complément du suivi médical) :

  • Douleurs de dos récurrentes (surtout si elles augmentent avec la fatigue ou le sport)
  • Douleurs de genoux, de hanches, de talons liées à la croissance
  • Scoliose ou attitude scoliotique déjà diagnostiquée (en coordination avec le médecin)
  • Raideurs après entorse, fracture ou immobilisation prolongée
  • Posture très avachie, inconfort en position assise prolongée
  • Maux de tête fréquents, tensions de nuque
  • Fatigue persistante, sommeil agité, difficultés de récupération
  • En revanche, certains signes doivent amener à consulter en priorité un médecin :

  • Fièvre associée aux douleurs
  • Douleurs très vives, brutales, ou qui réveillent systématiquement la nuit
  • Perte de poids inexpliquée, altération de l’état général
  • Douleurs articulaires avec rougeur, chaleur, gonflement marqué
  • Dans tous les cas, l’ostéopathe doit travailler en réseau, en échange avec les autres professionnels (médecin, kiné, orthophoniste, orthoptiste, psychologue, enseignant en activité physique adaptée…) afin d’inscrire son action dans une démarche globale.

    Ostéopathie et croissance : s’inscrire dans un accompagnement global

    Accompagner un enfant ou un adolescent en croissance ne se résume pas à « remettre les os en place ». C’est prendre en compte :

  • Son corps qui change rapidement, parfois plus vite que sa capacité à s’y adapter
  • Son environnement (école, famille, loisirs, écrans, sport)
  • Son vécu émotionnel (stress, pression scolaire, confiance en soi)
  • L’ostéopathie, dans ce contexte, propose un espace de réajustement physique mais aussi de dialogue autour du corps. En restaurant de la mobilité, en soulageant certaines douleurs, en améliorant la respiration et la conscience corporelle, on peut faciliter la vie quotidienne, le confort à l’école, la pratique sportive et, indirectement, la capacité de concentration.

    Pour les parents, c’est aussi l’occasion d’obtenir des repères concrets : quels signaux surveiller sur la posture ? Comment aménager le poste de travail à la maison ? Comment doser le sport en période de poussée de croissance ? À partir de quand s’inquiéter pour un mal de dos ?

    La croissance est une période exigeante, mais aussi une formidable fenêtre d’opportunités : les habitudes posturales, les réflexes de mouvement, la façon de gérer son stress et son attention se construisent en grande partie à ce moment-là. Bien accompagnés, les enfants et les adolescents peuvent en faire un véritable tremplin pour leur santé future.

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